
Redonner de l'espace à l'enfant pour laisser émerger le désir d'interagir.
Il y a des enfants avec lesquels tout semble aller lentement. Très lentement.
Ils regardent peu, répètent les mêmes gestes, ne jouent pas vraiment avec les objets et, surtout, ne viennent pas vers nous. Le contact ne s’installe pas spontanément. L’interaction ne prend pas forme. Et le jeu ne devient pas quelque chose de partagé.
Et ce sont souvent avec ces enfants-là que cela devient difficile de tenir à ce que l’on sait pourtant être essentiel : on obtient ce que l’on renforce.
C’est ici que quelque chose bascule. Petit à petit, nous perdons confiance. Il a dix ans. Il ne parle pas. Il ne joue pas. Il n’entre pas dans les apprentissages. Il entre seulement en interaction avec nous quand on chante une chanson qu’il aime.
Alors nous commençons à faire plus. À proposer davantage. À attendre des réponses. À vouloir faire avancer les choses.
Par exemple, lorsque nous chantons, la tentation est grande de s’arrêter lorsqu’il ne nous regarde pas, et de ne continuer que lorsqu’il regarde. Ou d’attendre qu’il fasse des gestes avec nous pour poursuivre. Mais à ces moments-là, nous prenons un risque important : celui de diminuer le plaisir qu’il pourrait avoir à être avec nous. Et ce plaisir est précisément ce dont ces enfants manquent le plus. Chez les enfants qui prennent peu d’initiative, l’interaction est fragile. Elle ne tient qu’à peu de choses.
Aujourd’hui, j’ai vu cela très clairement.
Tom est entré. Travailler avec lui est difficile, non pas parce qu’il ne progresse pas, mais parce que ses progrès sont petits. Très petits. Et ce sont précisément ces enfants-là qui nous amènent, souvent sans que nous nous en rendions compte, à nous éloigner de nos propres principes. Il aime une chose : les chansons. Il ne joue pas, mais il fredonne toute la journée.
J’avais mis plusieurs choses dans la pièce : des gros cubes, des livres, des encastrements sonores, des instruments de musique, un circuit d’eau et un circuit de train.
Il s’est assis devant le train. Il ne jouait pas avec. Il le regardait simplement. Nous avons démarré le train et commencé à chanter pendant qu’il roulait. Il a aimé. Cela se voyait immédiatement. Nous avons répété cela plusieurs fois, sans rien demander. Simplement qu’il reste là — pas le regard, pas de réponse.
Puis, après quelques répétitions, nous avons arrêté le train. Et nous avons attendu un peu avant de le remettre en marche. Il l’a remis en marche. Alors nous avons recommencé à chanter. Encore plusieurs fois. Ensuite, nous avons ajouté quelque chose : un petit personnage. Quand le train s’arrêtait, nous mettions le personnage dedans. Cela lui plaisait. Après plusieurs répétitions, nous avons attendu un peu avant de le faire. Et il a commencé à le faire lui-même.
Puis nous avons ajouté une nouvelle étape : mettre de l’essence. Au début, il ne regardait même pas. Il semblait ne pas s’y intéresser. Mais nous avons continué. Quatre fois. À la quatrième fois, il a regardé attentivement. À la sixième, il a fait lui-même. Et c’est là que quelque chose a changé. Il ne regardait plus seulement. Il participait.
Ils ont joué ensemble longtemps. Je n’avais jamais vu sa mère et lui partager un moment aussi long, aussi simple et aussi joyeux. Ce que nous avons fait est pourtant très simple. Nous n’avons rien demandé.
Nous avons simplement ajouté quelque chose à ce qu’il faisait déjà — être assis devant le train.
Et surtout :
Parce que pour qu’un enfant participe, il ne suffit pas qu’il comprenne. Il doit d’abord aimer. Il doit pouvoir anticiper. Il doit avoir envie que cela continue.
Les enfants aiment les séquences. Mais souvent, nous les interrompons, parce que nous attendons trop rapidement quelque chose d’eux… avant même qu’ils aiment réellement ce que nous faisons. Alors que c’est précisément la répétition qui permet à l’enfant de comprendre ce qui va se passer, de l’anticiper… et d’avoir envie d’y entrer. Et c’est là que l’initiative apparaît.
Pas quand on l'exige. Mais quand l’enfant sait ce qui va se passer… et qu’il en a envie. Peut-être que la question n’est pas : « Pourquoi mon enfant ne prend-il pas d’initiative ? » Mais plutôt : « Est-ce que je lui laisse la place d’en prendre ? » Et aussi : « Est-ce que ce que je propose est réellement accessible pour lui ? »
Si vous voulez que votre enfant prenne plus d’initiative… prenez-en moins. Et faites en sorte que ce qu’il fait ait un effet réel et agréable sur son environnement. Peut-être devrions-nous moins compter le nombre de demandes… Et observer davantage combien de fois l’enfant entre en interaction avec nous. Parce que les demandes viendront quand il a envie de jouer avec nous.
Je montrerai la vidéo d’aujourd’hui lors de ma formation au mois de septembre.
L’image de la lettre d’aujourd’hui est la couverture de mon livre, qui sortira aux Pays-Bas au mois de mai. Je compte ensuite le traduire en français. Il parle précisément de tout cela.
26–27 septembre 2026 — Île-de-France
Je proposerai une formation en présentiel de deux jours pour les professionnels : Renforcer la motivation sociale et l’initiative chez l’enfant autiste (profils variés). Nous travaillerons à partir de vidéos cliniques et d’analyses détaillées de situations réelles. Le nombre de places sera limité à 15 participants afin de permettre un travail approfondi. Les inscriptions ouvriront prochainement. Vous pouvez déjà me répondre à ce mail pour être informé(e) en priorité.
Caroline
Découvrez comment créer des contextes de jeu où l'initiative naît naturellement de la motivation. Ma formation "Jouer et Communiquer" vous apprend à observer les petits signaux pour construire un lien solide et durable.
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