32; Et si, pour une fois, on s’arrêtait ?

Et si, pour une fois, on s’arrêtait ?

Redécouvrir le plaisir du jeu spontané en laissant de la place à l'initiative de l'enfant.

Bonsoir,

Souvent, les familles viennent me voir parce que leur enfant ne veut pas, ou ne veut plus, jouer avec l’adulte.

J’ai écrit cette lettre pour parler de cela.

Ce que je propose d’abord, c’est d’être simplement dans la même pièce que l’enfant, avec du matériel librement accessible, sans poser de questions, sans donner d’instructions, sans faire de suggestions.

Souvent, ce qui retient l’adulte d’essayer, c’est une crainte très compréhensible : la peur que rien ne se passe. La peur du vide. La peur de perdre du temps. Alors l’adulte pose des questions, propose des idées, guide le jeu, parce qu’il a l’impression que sinon, il n’y aura pas de jeu.

Et pourtant…

Ce que j’observe, encore et encore, c’est que lorsque le matériel est adapté au niveau de développement de l’enfant, et que l’adulte accepte d’attendre, et accepte le jeu que l’enfant propose, quelque chose finit presque toujours par émerger.

Au début, il ne se passe parfois rien. Il faut attendre. Parfois longtemps. Un quart d’heure. Et c’est souvent là que c’est le plus difficile pour l’adulte.

Mais si l’adulte tient cette attente, sans initier, sans diriger, en réagissant uniquement à ce que l’enfant fait — en l’imitant, ou en l’aidant à atteindre ce qu’il cherche à faire, sans jamais faire plus que lui, et jamais avant lui — alors le jeu peut apparaître.

Et quand il apparaît, il est souvent plus riche, plus long, et plus interactif qu’un jeu guidé par l’adulte.

Je pense à un enfant qui actionnait simplement un levier, le levant et le baissant encore et encore.

Son éducateur a posé une route devant la barrière. Il a ajouté une barrière le long de la route. Il a mis une voiture sur la route. Puis l’enfant a pris une voiture. Puis une autre. Puis un crocodile (!) qu’il traitait comme un véhicule. Peu à peu, le jeu s’est transformé. Les voitures arrivaient à la barrière. L’éducateur l’ouvrait. Elles passaient.

Puis l’enfant a placé un feu à côté de la barrière. Et il disait : « rouge ». Puis : « vert ». Les voitures s’alignaient, attendaient, puis passaient toutes ensemble. L’enfant était d’un côté de la route. L’éducateur de l’autre.

L’enfant lui envoyait les voitures. L’éducateur les replaçait devant le feu. Un va-et-vient s’est installé. Parfois c’était l’enfant qui disait « rouge » ou « vert ». Parfois c’était l’éducateur.

La régulation est devenue partagée. Ce jeu n’aurait probablement jamais existé si l’adulte avait proposé une idée au départ. Il est né parce que l’éducateur a attendu.

Ce qui me touche toujours, quand on ose faire cela, c’est à quel point les enfants inventent des choses surprenantes lorsqu’on leur laisse réellement la place.

Alors je vous propose une expérience très simple pour cette semaine : être là, avec votre enfant, dans un espace ouvert, et vous arrêter. Observer. Attendre. Réagir seulement à ce qui vient de lui. Et voir ce qui apparaît.

Je serais très curieuse de savoir ce que vous observez.

Je vous souhaite une douce soirée de dimanche, et de belles surprises.

À la semaine prochaine,

Caroline

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